Essais, erreurs et pacotilles

Si tu l’as pas vécu, tu n’es qu’une recrue …

 

DÉGRINGOLADE D’UNE VIE 13 mars, 2009

Classé dans : Essais et erreurs — chloeetsesdeboires @ 22:42

Nous sommes le 13 mars 2009…

Une certaine nostalgie s’empare de moi, 4 jours se sont écoulés depuis ma fin du monde! (rupture à suivre dans un autre épisode!) Je suis comme une bombe, à retardement. Ce soir est ma première soirée seule avec moi-même. Face à face avec mon malaise et carcasse de célibataire amochée. Le sourire est toujours là à l’extérieur mais mon intérieur se gruge. Petite pensée pour un être qui nous a quitté il y a de cela 1 an et demi. J’me demande si elle nous regarde de où elle est. J’me demande si elle nous protège de son nuage. Elle doit bien se marrer en tout cas. Je parle ici d’une amie qui c’est enlevé la vie au mois de juillet 2008 mais on y reviendra plus tard. Fatiguée, les joues creusent, le regard fuilliant et l’appétit qui se moque de moi, je regarde mon écran d’ordi et j’me demande bien ce que demain et le surlendemain m’apporteront de beau. Un peu en attente que mon téléphone se remettre en vie et me fasse signe, j’me sens vide et désilliusionnée. Si on ne peut plus croire quelqu’un qui dit je t’aime, comment saurais-je que la prochaine fois sera vrai ? Suis-je si névrosée et égoiste de vouloir un peu de bonheur dans cette existence. Vous me direz que je suis noire et désabusée et moi je vous répondrez que je suis tout à fait d’accord avec vous. Qui n’a jamais vécu une soirée seul avec soi-même à réfléchir à ce qui se passera dans sa vie ? Qui n’a jamais pleuré sur son propre sort pour cause de tête qui ne fonctionnait plus pour un instant, malgré la tristesse et le malheur qui est pire que le nôtre ? Et bien ce soir je vous invites dans le merveilleux monde de ma tête et de mon univers gris et monotone.

Suis-je normale d’avoir le regard mort, dans la brume ? Questions après questions se posent dans mon petit cerveau. Jamais de pause de moi-même, toujours en travail constant sur ma personne. Est-ce qu’il vous est déjà arrivé de vouloir dévisser votre tête pour la déposée sur votre table de chevet ? Moi ça fait depuis que j’ai l’âge de réaliser ce qui gravite autour de moi que je veux le faire. J’ai l’impression d’avoir le poid du monde entier sur les épaules. Ne déçois pas ton entourage, sois là pour tes amies, ne cries pas, ne lève pas le ton, reste polie, sois mature, sois responsable, soit présente à ton travail, sois ponctuelle, performes, souries malgré ta tristesse, ne t’appitoies pas sur ton sort il a pire que toi, soit enjouée, soit compréhensive, soit émotive mais pas trop, soit empathique et surtout soit parfaite ! Il est où le moment que l’on dit STOP ? Elle est où la marge entre penser à soi, se faire du bien et se faire traiter d’égoiste ? C’est qui qui a le petit guide de la vie parfaite ?

Ah oui, j’avais oublié de vous mentionner, j’ai été diagnostiqué : » dépression majeure  » Un tout petit détail que j’avais oublié. Je suis médicamentée, merci de vous inquiéter. Quoi ? plus de détails sur ce sujet. D’accord. Mais soyez prèt à vraiment entrer dans MON monde. PG13, la supervision des parents est suggérée. Allons, commençons. Et surtout pas de pitié ni de regard critique…

Depuis quelques années, en fait je dirais 15 ans, je vis dans les bars. Tout le monde me connait et je connais tout l’monde. Vie de débauche et de non lucidité. Mal de vivre qui trainait depuis trop longtemps mais bien camouflé derrière des tonnes de liquide alcoolisé. Personnalité explosive et agressivité mal gérée. Un matin d’aoùt 2008 je me réveilla en sursaut seule dans mon lit, bien réveillée à 8 heures du matin, me voyant descendre les escaliers de mon modeste 4 1/2 et me lancer devant les voitures sur la grande rue. Je me suis vu mourir. J’ai eu très peur de moi-même car pour un instant ma tête m’avait joué un tour. Elle avait fait semblant que c’était réellement arrivé. À ce moment je me toucha pour voir si j’étais encore vivante et bien en chair. Oui! j’étais là mais avec une énorme sensation de vide à l’intérieur, une sensation d’avoir vu et vécue ce que j’avais à vivre et voir. Javais fait le tour et mon heure approchait. Je me déplaça de ma chambre à mon salon, comme un robot ou plutôt un zombie. Je n’étais plus maître de mon corps ni de mon esprit. Je m’assis sur mon divan, le regard dans le vide et pendant une fraction de seconde j’eus un moment de lucidité. Ma tête me dit : » appelle la, elle comprendra. » Ma main se dirigea sur le combiné du téléphone et mes doigts signalèrent, comme un automatisme, son numéro. Il était 9 heures de matin, un samedi. Elle répondit. Pour ne pas la nommé, je lui donnerai le nom de  »mon ange ». Mon ange répondit et les mots qui sortaient de ma bouche n’étaient pas les miens. Je parla, pleura et elle me répondit que ce n’était qu’une mauvaise journée et que tout irait mieux demain. J’avais prit une chance et j’avais échoué. Échoué d’avoir prononcé les mots  » aide moi je veux mourir, je vais mourir! » Je raccrocha et resta assise dans mon divan pendant une trentaine de minutes. Une fois ma tête décidée à faire l’impensable, ma porte fit signe de vie. Ça cognait ! Je me leva tel une carapace vide d’émotions et alla ouvrir. C’était mon ange. Elle me regarda et me dit : » Je savais qu’il y avait quelque chose de pas comme d’habitude dans ta voix, qu’est ce qui se passe Chloe ? » Elle m’avait amené un sac de réconfort. Thé vert, chocolat noir, cigarrettes, bain moussant et vernis. Elle me prit dans ses bras et j’éclata en sanglots lui racontant ce qui venait de se produire. Mon esprit était revenu me faire honneur de sa présence. Elle me regardait avec des yeux craintifs mais elle comprenait et je le sentais. Elle appela une autre amie à mon insu et lui demanda de venir. Elles firent le ménage de mon appartement pendant que je pris un bain, amorphe. Une fois lavée, je revinre sur mon divan en fixant dans le vide et en pleurant. Elles me regardèrent et me dirent: » Chloe, tout cela n’a plus de bon sens, tu dois aller à l’hopital, ce cirque a assez duré. » J’acquiessa. Elle m’amenèrent prendre l’air évidemment mes lunettes soleil sur le nez vu l’état de mes pauvres petits yeux et je les suivis comme un robot toujours aussi vide. 1 heure plus tard j’étais de retour sur mon divan et elles me quittèrent à mon grand désespoir mais n’ayant pas eu le courage de leur demander de rester je les laissa partir. Je me coucha sur le divan en regardant le plafond et en prenant la décision que je voulais vivre et que dès le lendemain matin j’irais voir mes parents pour qu’ils m’amènent à l’hopital. Ce doit être cela l’instint de survie. Ce samedi restera à tout jamais marqué dans ma tête comme si c’était hier. Si mon ange n’était pas arrivé, je ne serais pas ici aujourd’hui. Je lui doit la VIE!

Le lendemain matin, à 9 heures trente, j’étais chez mes parents. Je n’avais cessé de pleurer de la nuit. Je leur demanda de s’asseoir car ce que j’avais à leur dire était compliqué et surout très dur. Je n’ai jamais vraiment eu de relation avec mes parents. Je les aimes, ils m’aiment mais c’est tout. Il faut dire que je ne suis pas une personne qui se met l’âme à nue facilement. Le tout reste plus souvent qu’autrement en dedans. Je leur expliqua ce qui était arrivé la veille et je leur demanda de m’amener immédiatement à l’hopital car j’avais peur de moi-même. Ils m’amenèrent. Ma mère était dans tout ses états et je pouvais entendre mon père angoisser. La secrétaire du médecin me fit entrer presque tout de suite. J’imagines qu’ils ne voulaient pas de sang dans leur salle d’attente.

Une fois en face du médecin, ma mère pleura et moi je n’avais toujours pas arrèté de pleurer depuis 24 heures. Elle dit au médecin: » là vous faites quelque chose parce que j’ai peur de la perdre ». Moi j’étais assise sur le petit tabouret froid en métal et j’avais le regard dans le vide. Le médecin me posa des questions et en 1 heure, j’avais un arrèt de travail de signé, des pillules de prescrient et un magnifique rendez-vous chez le psychologue. Au départ je n’étais pas supposée être seule, j’étais supposée être sous surveillance 24 heures sur 24. Ma mère dit au médecin qu’elle le ferait. Pour moi il était hors de question que quelqu’un me surveille à tous les jours pendant 6 mois. Une fois à la maison familiale, je dis à mes parents que je voulais retourner chez moi et dormir. De ne pas s’inquiéter et que j’appelerais aux heures. Ils dirent oui.

Arrivée à la maison, je pris mes premiers narcotiques à vie. Ce qui me rendit hors service pendant 2 mois complets. J’étais une morte vivante. Je me coupas de tout environnement socialement actif. Je dormais… ATTENTION NE PAS DÉRANGER ZONE D’HIBERNATION. Je commença à dire non aux invitations et penser à moi.

Nous sommes le 13 mars 2008, cela fait 6 mois et demi de l’épisode et je suis toujours sous médication. Si j’ai le malheur de sauter une journée, je suis en état de manque le lendemain. Des frissons parcours mon corps, des chocs se font sentir dans ma tête et je suis non fonctionnelle pour la journée. J’ai perdue 20 livres, je me cherche encore et mon médecin de famille joue avec mes dosages car j’ai des effets secondaires. Je manque toujours de concentration, je suis fatiguée et je porte encore le monde sur mes épaules. Mais j’ai apprit deux choses, mes amies les plus chères m’aiment, sont là pour moi, ne veulent pas me voir partir et j’ai les meilleurs parents du monde. Bonne nouvelle, je vois un spécialiste (psychiatre shhhhhut! ce mot fait peur au gens ! ) jeudi prochain pour la médication. Souhaitez moi bonne chance.

Il est certain que je vous ai fait une histoire raccourcie de l’épisode  »je suis folle! » mais sachant ce que vous savez maintenant demandez-vous si l’on mérite de se faire dire  »Je t’aime » comme l’on crit ciseau. Est ce vraiment nécessaire. Pour aujourd’hui ce sera tout… épuisée je vous quitte pour le monde de morphée.

À SUIVRE…

 

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